Schéma de fonctionnement de la chambre claire de Wollaston. Source : Wikipedia.

Comment s'écrit cet essai dont tu n'as qu'une idée? Oscillations et lyrismes pour une essayistique

03/03/16

Écrit par Maxime Fecteau (Université du Québec à Montréal)

Ce que les écrivains ont longtemps appelé le « réel » n'est lui-même qu'un système, un flux d'écritures, échelonnées à l'infini : le monde est toujours déjà écrit. Communiquer avec le monde […], c'est traverser les écritures dont est fait le monde, comme autant de « citations » dont l'origine ne peut être ni tout à fait repérée, ni jamais arrêtée, c'est produire cette écriture textuelle […], expression qui n'a rien de mystérieux, si l'on veut bien penser que le texte est, étymologiquement parlant, un tissu, un réseau d'écritures […](1).

                  Roland Barthes

 

 

 

Je n’en ai qu’une idée, mais elle me brûle les neurones, les doigts.

Elle gravite parmi les autres, distincte et irrésolue.

Comment s’appelle cet essai ? Comment s’écrit-il ?

L’essayiste écrit d’abord : « Aussi bien l’appeler l’essai lyrique (2). »

 

 

 

 

 

C’est la préface d’une revue, de la Seneca Review. L’essayiste raconte son parcours d’écrivain oscillatoire. Lors de sa première admission en création littéraire, il croit être parfaitement à sa place au sein du volet non-fiction du programme qui l’accueille. Vite, il constate cependant qu’il ne partage pas les intentions de ses collègues : les termes mémoires ou autobiographie n’éveillent rien en lui. Il lui faut aller écrire ailleurs. Cherchant toujours les siens dans ce bas monde littéraire, il se tourne vers le volet voisin du programme, celui des poètes. Mais aussitôt qu’on jette les yeux sur la forme et l’étendue de ses ébauches, on lui fait savoir que son travail, même avec son penchant lyrique, est inadmissible dans le cadre d’un atelier de poésie.

Il complètera les deux volets de ce programme de création littéraire, et malgré les incompatibilités contre lesquelles il bute, c’est l’hybridité de sa démarche créative qui, en définitive, lui paraît enthousiasmante.

 

Comme je lis cette préface, je conçois soudainement cet entre-deux littéraire. Je le contemple.

 

Cet état intermédiaire qui nous anime lui et moi, l’essayiste prend soin de souligner qu’il n’est en fait qu’une tentative d’évasion devant la manie de la véridicité et de la vérifiabilité qu’a contracté notre époque. C’est pourquoi d’aucuns affirment, avec cette inébranlable certitude, que la rigueur journalistique devrait régner sur toutes les lettres qui se proposent de décrire la réalité ; c’est dire que tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la non-fiction serait tenu de subir la méthodique austérité de cette appellation littéraire (une appellation qui, dois-je le souligner, est vide de sens, du point de vue de la linguistique ; à moins qu’elle ne contienne le sens perplexe qu’on donne à une litote ?).

C’est Lénine, je crois, qui écrivait dans une lettre à ses camarades que les faits sont têtus (3). Un parfait exemple de cette rigidité qu’imposent les modernes à la réalité. En vérité, il n’y a que nous qui nous entêtons à chercher la preuve irréfutable aussitôt qu’il est question du réel ; les faits — j’en suis certain — se moquent de la vérité.

L’entre-deux littéraire, en ce sens, n’est sans doute qu’un leurre, au même titre que ce respect absolu de la vérité qu’on attribue aux maîtres de l’essai est sans fondement. Ce dogme de la véracité en matière de littérature non fictionnelle, je doute que Montaigne et Charles Lamb s’en soient réclamés, et je suis convaincu qu’aujourd’hui, John McPhee, Annie Ernaux et Charles D’Ambrosio ne font que le balayer du revers de la main chaque fois qu’ils s’absorbent dans l’écriture des faits. (John McPhee se refuse d’ailleurs à employer la négation du terme « non-fiction », lui préférant le nom bien plus noble de « littérature des faits ».) Je ne veux pas concevoir ce qui adviendrait de cet art si par malheur on devait le soumettre à la rectitude de la « vérification par les faits ».

La vérité considérée par Charles D’Ambrosio : c’est la double allégeance à la vérité du monde et à la vérité de l’écriture qui nous éloigne inévitablement de ce qui, au fond, est authentique (4).

 

Je repense soudain à quelques-uns de ces essais qui m’ont conquis par leur authenticité et leur lyrisme.

 

Alors qu’il braquait son fusil sur un éléphant agité, un accès de frénésie a-t-il véritablement atteint la foule de Birmans qui s’était massée derrière sa réticence ? Je n’en ai que faire ; la vérité que m’offre George Orwell, elle réside dans son index auscultant la gâchette et son esprit tenaillé (5).

La phalène dont elle a contemplé le dernier soupir, et dont elle a l’audace de me faire admirer les fines pattes, cette phalène s’est-elle véritablement débattue avec la vigueur relatée ? Sans doute Virginia Woolf elle-même ne voudrait le jurer. C’est qu’elle m’offre le bruit des bourdonnements ; et je le jure, j’entends la vérité du départ (6).

Ce dialogue qu’elle a suscité avec ses étudiants au sujet de la tension qui érige un texte, le rapporte-t-elle avec exactitude ? Je ne sais pas ; je n’ai d’yeux que pour cet arc que saisit Élise Turcotte, je n’y vois que cette véritable tension qui relâche l’écriture, alors qu’elle se tient « en équilibre sur la solitude (7). »

La vie de ce père stoïque et amer dont elle fait le récit est-elle aussi vraie que nature ? Qu’importe. La vérité jaillit du silence qu’Annie Ernaux dessine avec les mots pour me transpercer, comme avec un couteau ; je vois les yeux de son père fixant quelque chose derrière elle (8).

 

Une vérité m’apparaît : les essais arrivent à traduire l’indicible du monde à travers l’authenticité et le lyrisme du non-dit.

 

Lecteur égaré, je reviens alors à la préface. L’essayiste explique que quinze ans se sont écoulés depuis qu’il a entamé son travail à titre d’éditeur de la section Lyric Essays de la revue littéraire. Aujourd’hui enseignant d’écriture non fictionnelle à cette même université qui l’avait fait osciller, il a cru bon de dédier un atelier d’écriture à ce corpus qui se nourrit des archives de la Seneca. Ses étudiants et lui ont passé un trimestre à les lire tous, les analysant finement, nouant des liens entre les œuvres, et tentant de déceler quelque chose comme une poétique de l’essai lyrique. Ils ont ensuite bouclé leur travail en triant les essais sur le volet jusqu’à ce qu’il en reste quinze. Chaque étudiant a finalement mené un entretien avec son auteur de prédilection afin de l’interroger sur l’hybridité de sa facture littéraire, des pages qui servent de complément à cette édition spéciale de la Seneca.

C’est vous dire que j’ai découvert cet entre-deux qui s’apparente à un mouvement littéraire alors que je naviguais sur le web à la hâte, fidèle à l’idée qu’on se fait de l’enfant du millénaire que je suis. (Pouvoir discrétionnaire du web : octroyer à l’improviste une réponse satisfaisante à qui n’a qu’une idée abstraite de l’objet de ses recherches.) Je pourrais rapporter qu’à ce moment-là j’allais consciemment en quête d’une identité littéraire, d’un courant qui ne refoulerait pas les méandres de cet essai dont je n’avais qu’une idée, mais ce serait abolir le hasard. Or le hasard, j’y tiens, bien plus qu’à la vérité. Enfin, quelques jours plus tard je la tenais, et la lisais avidement, cette édition spéciale de la Seneca.

 

Comment désigner cet essai dont tu n’as qu’une idée ?

« Aussi bien l’appeler l’essai lyrique. »

Voilà que l’idée détenait, au moins, un nom.

 

 

***

 

Je cherche à délimiter cet entre-deux, à en cerner les contours pour mieux percevoir la singularité de l’essai lyrique. Comment, sinon, s’écrira-t-il ?

 

Dans une de ses ébauches, Robert Musil déclare que le fantasme de l’essayiste devrait être d’en arriver au « comble de la rigueur accessible dans ces domaines où le travail exact est impossible. » Il écrit aussi que l’essai hérite de la science sa méthode et qu’il puise dans l’art sa matière (9). C’est une hypothèse qui me semble juste, et elle rejoint l’idée de l’univers frontalier, de cette hybridité qu’évoque aujourd’hui John D’Agata (alias l’essayiste) pour désigner la forme littéraire que je cherche à circonscrire ici. Mais manifestement, l’indétermination résiste ; je soupçonne que c’est d’abord le mouvement dans l’entre-deux qui génère la forme. Sans l’oscillation, sans le va-et-vient, il n’y aurait rien. Ou plutôt : il y aurait un roman, une nouvelle, un article, un poème. Il y aurait la détermination d’un genre. Peut-être que c’est précisément cette quête identitaire de l’essai lyrique qui, après tout, fait naître l’essai lyrique. Chaque idée irrésolue gravite dans le réel, à la recherche de sa forme.

Il semble y avoir, dans la nature même de l’essai lyrique, une contingence qui rend sa systématisation impossible. Cette contingence, elle me rappelle la perplexe complexité d’un personnage qui me fascine.

 

Il y avait quelque chose, dans la nature d’Ulrich, qui agissait d’une manière distraite, paralysante, désarmante, contre la systématisation logique, contre la volonté univoque, contre les poussées trop nettement orientées de l’ambition, et ce quelque chose se rattachait à ce mot d’essayisme (10)

 

C’est pour contourner la systématisation du monde et l’ouvrir aux possibles dont recèle la conscience que Musil écrit le récit d’un homme sans qualités. Et c’est précisément cette absence de qualités qui mène le métahéros de cet antiroman à ne tenir aucune représentation du monde pour acquise ; cette posture intellectuelle, aussi bien l’appeler l’essayisme, nous dit Musil. C’est ainsi qu’il emploie l’ironie et le lyrisme pour dénicher les possibles qui échappent à l’univocité de la modernité. Ce sont les deux pôles de ce pouvoir subversif, de cette capacité bouleversante qu’il donne aux idées par les mots. Je suppose que là où l’ironie dévoile l’absurdité, le lyrisme déshabille l’inauthenticité. Pour peu que j’adopte l’optique de l’essayisme, je serai sans doute mieux disposé à concevoir une forme lyrique de l’essai.

Avec Musil, je saisis bien une chose : pour écrire cet essai dont je n’ai qu’une idée, je dois éviter de le (la) systématiser. Car ce serait lui attribuer des qualités que d’emblée, il (elle) rejette foncièrement.

 

un essai n’est pas l’expression provisoire ou accessoire d’une conviction qu’une meilleure occasion permettrait d’élever au rang de vérité, mais qui pourrait tout aussi bien se révéler erreur […] ; un essai est la forme unique et inaltérable qu’une pensée décisive fait prendre à la vie intérieure d’un homme (11).

 

Il ne s’agit donc pas d’élever une conviction à l’état de vérité. Si l’essayisme systématise le monde, c’est pour éprouver par les mots la vérité, ce qu’il y a d’essentiellement authentique dans les idées.

La vérité selon Annie Ernaux : le nom qu’on donne à ce qu’on cherche et qui se dérobe sans cesse (12).

Cette recherche de vérité, elle se traduit par l’exploration asystématique du monde ; par l’embrassement de la totale partialité d’un point de vue ; par l’éveil d’un entendement nouveau qui sommeille, artificiellement maintenu dans un état possible. C’est le lyrisme qui le ranime.

Je veux spécifier cette ranimation par le lyrisme. D’abord par la négative : il ne s’agit pas d’une sensibilité démesurée, d’une prose obscurcie par une imagerie tout à fait idiosyncrasique. Je saisis autre chose : ce dont je n’ai pas envie, c’est que cet essai donne envie de le lire avec emphase. Il s’agit plutôt d’en arriver à une justesse dans l’évocation de l’idée. La description qu’en font les éditeurs de la Seneca abonde dans ce sens du lyrisme : en faisant l’amalgame d’une « allégeance aux faits et d’un imaginaire de la forme », les essais lyriques cherchent, par la précise musicalité du langage, à « distiller les idées » (13).

Peut-être, en ce sens, faut-il que j’entende le lyrisme à la manière dont Roland Barthes a repensé la notion d’écriture : comme une sorte de « morale de la forme » (14) qui, pour chaque essai dont je n’aurai qu’une idée, sera à dénicher. Peut-être, ainsi, existe-t-il des lyrismes. Chaque idée irrésolue gravite dans le réel, à la recherche de son lyrisme.

C’est sans doute à moi dont l’idée brûle les neurones et les doigts d’être à sa recherche ; j’adopte l’optique de l’essayisme pour mieux percevoir les possibles, le lyrisme et la forme de cette idée. Et il y aura ce moment, cette soudaine manifestation de la forme que doit prendre l’idée : elle sera là, saisissante. Cette recherche dont je n’ai qu’une idée, Paul Valéry l’a déjà contemplée : « le lyrisme est le développement d’une exclamation (15). » Le lyrisme de cet essai doit bien être fait de cette oscillation qui le sous-tend.

 

ces maîtres du flottement intérieur de la vie […] ; leur domaine se situe entre la religion et le savoir, entre l’exemple et la doctrine, entre l’amor intellectualis et le poème ; ce sont des saints avec ou sans religion et parfois aussi, simplement, des hommes égarés dans telle ou telle aventure (16).

 

Musil, à son habitude, trouve les mots : entre l’amor intellectualis et le poème. C’est sans doute la manière la plus élégante de décrire l’oscillation. Je me nourris d’abord de l’essayisme, oscillant sans cesse ; je m’éprends ensuite d’une idée.

L’essayisme selon André Belleau : « Admettons donc qu'il s'agit d'idées érotisées opérant sur l'essayiste à la façon de phantasmes (17) ».

Pour et par mon attrait de l’idée, l’essai lyrique prend forme. Mais il ne s’agit pas de moi. Si c’est mon idée qui le guide, cet essai ne peut cependant traiter de moi. Si j’en arrive aux détours à m’échapper, je me ferai sans doute mieux l’écho de l’idée, l’écho des autres. Un lyrisme, c’est peut être aussi « l’enlèvement du sujet dans le langage (18) »,  ce qui explique pourquoi l’intertextualité me semble si propre à la nature de cet essai. C’est ainsi que « le je devient plutôt une perspective, un point de vue, un facteur de complication, une présence interrogative » qui « pave la voie jusqu’à l’extérieur de soi (19). »

 

l’écriture lyrique constitue une espèce d’autobiographie singulière [qui substitue] à la carte d’identité d’un sujet sa carte d’altérité, c’est-à-dire l’expression de ce qui l’altère, l’excède, le mobilise et finalement le tire hors de soi. (20)

 

En dernière analyse, avec Annie Ernaux, je saisis ceci : le je de cet essai dont j’ai maintenant une idée doit, sous toutes ses formes, devenir transpersonnel (21).

 

 

***

 

 

Mais.

À travers cette exploration des possibles ; à travers l’excentricité de cette démarche ; à travers l’intensité et l’authenticité de son élan, je crois que cet essai doit veiller à la rigueur (le fantasme de l’essayiste musilien) qui le sous-tend.

D’où l’importance de s’en tenir aux faits.

D’où l’importance d’en revenir aux faits.

Comment s’écrit cet essai dont tu n’avais qu’une idée ?

Passe le monde, le réel, au crible d’Ulrich.

Chéris une idée.

Oscille : entre l’art et la science ; entre le réel et le possible ; entre le personnel et le public ; entre le fantasme et le savoir ; entre l’exemple et la doctrine ; entre le jeu et la méthode ; entre la vérité et le hasard ; entre l’amor intellecualis et le poème.

Dessine une forme.

Échoue à la désigner réellement, mais écris-la.

« Aussi bien l’appeler l’essai lyrique. »

 

 

Écrit par Maxime Fecteau (Université du Québec à Montréal)

1

BARTHES, Roland, « Le refus d’hériter », dans Le Nouvel Observateur, 1968, p. 35.

2

D’AGATA, John, « We Might As Well Call It the Lyric Essay », The Seneca Review, 2014, p. 6.

3

LÉNINE, Vladimir Illich, « Lettre aux camarades », dans Marxists Internet Archive, [en ligne]. https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171017.htm (Page consultée le 15 février 2016.).

4

D’AMBROSIO, Charles, « Instead of Sobbing, You Write Sentences », dans The New Yorker, 26 novembre 2014. Traduit et cité de mémoire par l’auteur.

5

ORWELL, George, « Shooting an Elephant », dans A Collection of Essays, Orlando, Harcourt Books, 1981, p. 148-155.

6

WOOLF, Virginia, « The Death of The Moth », dans Project Gutenberg Australia, [en ligne]. http://gutenberg.net.au/ebooks12/1203811h.html#ch-02 (Page consultée le 15 février 2016.).

7

TURCOTTE, Élise, Autobiographie de l’esprit. Écrits sauvages et domestiques, Montréal, La Mèche, 2013, p. 37.

8

ERNAUX, Annie, La place, Paris, Gallimard, 1986. Cité de mémoire par l’auteur.

9

MUSIL, Robert, Essais, conférences, critique, aphorismes et réflexions, Paris, Seuil, 1984. Cité de mémoire par l’auteur.

10

MUSIL, Robert, L’Homme sans qualités (t. 1), Paris, Seuil, 1995, p. 319.

11

MUSIL, Robert, p. 319.

12

ERNAUX, Annie, L’écriture comme un couteau, Paris, Gallimard, 2011. Cité de mémoire par l’auteur.

13

TALL, Deborah et John D’AGATA, « The Lyric Essay », dans The Seneca Review, [en ligne]. http://www.hws.edu/academics/senecareview/lyricessay.aspx. Traduit par l’auteur.

14

BARTHES, Roland, Le Degré zéro de l’écriture, Paris, Seuil, 2002, p. 16.

15

VALÉRY, Paul, Tel quel, Paris, Gallimard, 1996, p. 132.

16

MUSIL, Robert, p. 319.

17

BELLEAU, André, « Petite essayistique », dans Liberté, vol. 25, n° 6, 1983, p. 9.

18

MAULPOIX, Jean-Michel, Du lyrisme, Paris, Corti, 2000, p. 24.

19

D’AMBROSIO, Charles, « Instead of Sobbing, You Write Sentences », dans The New Yorker, 26 novembre 2014. Traduit par l’auteur.

20

MAULPOIX, Jean-Michel, p. 277-278.

21

ERNAUX, Annie, « Vers un je transpersonnel », dans Recherches interdisciplinaires sur les textes modernes, n° 6, 1994, p. 219-221.

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